mercredi 17 octobre 2018

Ævangelist : Matricide In The Temple Of Omega

A mi-chemin, non de notre vie de misère, mais de la férocité animale d'un Cultes des Ghoules et de la férocité pas forcément moindre mais beaucoup plus cérébrale d'un  Reverorum Ib Malacht ; des appétits d'un Monumental Possession et des délires opioïdes d'un Stained Glass Revelations ; il s'y tapit... celui qu'on croyait un groupe de death metal ; d'une espèce sévèrement défoncée et super-perchée, par des drogues synthétiques d'un futur aux allures de cul-de-sac, mais de death metal néanmoins. Il est donc passé au noir, celui des forêts maudites.
Vous l'avez à présent deviné : Ævangelist a pris la décision qu'il fallait. Arrêter la course à la xénomorphie pour la xénomorphie (que les médecins appellent "syndrome Portal"), et se laisser aller, glisser, simplement, peinard, selon sa propre naturelle pente au délire. L'être humain est une assez bien belle saloperie tordue, après tout, sans avoir besoin du recours à des déguisements de Créature du Lac Noir. Ainsi Matricide In The Temple Of Omega sonne-t-il à plusieurs insistantes reprises, non pas comme Deathspell Omega (ouf !), mais à Deathspell Omega bourré comme un coing (et révélant à cette occasion qu'il a l'ébriété nuisible) ; à Reverorum Ib Malacht, donc, un peu saturé des spirales ascendantes vertigineuses de ses transes mystiques, même les très coupantes du dernier album en date, et succombant avec un soulagement terrifiant à d'autres vertiges, plus charnels, jusqu'au carnivore, où il se laisserait chuter en sens inverse, comme une feuille au gré du vent fou... qui s'avère à plusieurs reprises l'égarer jusque sur le courant ascendant de quelque sentiment religieux nouveau, plus purement et simplement galvanisant que l'effervescence de la spéculation en fractales ; Matricide in the Temple of Omega affiche la crudité des albums d'Urfaust, et des ailes bordées de dents acérées, et il montre une sensualité malade dont bien peu sont capables au moment de jouer le black metal.
Or donc Ævangelist a décidé, non de s'humaniser, mais de tomber la robe de sacerdote non-humain, et de s'avancer nu, comme comme un ver, comme au premier jour, comme il ne l'avait pas été depuis De Mastiocatione Mortuorum in Tumulis et son bain de cloportes, nu aux pieds du divin. Ce n'est pas là la moins saisissante de ses extravagances.

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