dimanche 4 novembre 2018

Pungent Stench : Masters of Moral - Servants of Sin

Dans la continuité d'une longue série "on me dit jamais rien à moi" : il existe, dans le règne du réel, un disque sur lequel l'aura de perversion, que l'on sent bien entourer toutes choses chez Pungent Stench - si non leurs riffs - s'entend réellement.
Un disque où leur death de petit cousin d'Entombed condamné aux performances dans les clubs échangistes de la bordure batave, soudain prend feu sous la forme d'une sorte de, toujours, Entombed, mais période peplum épais (traduire : Inferno et When in Sodom), et dont la beauferie mustélidée se voit manucurée et toilettée par une sorte de cruauté clinique qui n'est ni tout à fait industrielle ni tout à fait Morbid Angel - mais, justement, quelque part entre les deux, en ce point dont il est fascinant de découvrir l'existence par la grâce de Masters of Moral - Servants of Sin.
La tronçonneuse s'y révèle comme un instrument propice aux caresses, certaines d'entre elles du moins : elles donnent, bien entendu, des haut-le-cœur, qu'on attribue ceux-ci à la subliminale claudication insectoïde qui semble hanter ces riffs en apparence bas du front comme death metal nineties peut l'être, et les faire glisser de côté, comme un rideau que l'on tire - ou bien au dégoût que nous causent nos propres pulsions, ici éveillées de façon autrement plus doucereuse et sourde que sur les disques précédents et leurs lourdes charges ; elles étouffent la volonté dans leur pâte acide et glaireuse, qui est l'étrange forme qu'ici donnait Pungent Stench à la traditionnelle obscurité mythique du death metal : une chose étonnamment lisible, en cela dans la ligne de leurs disques précédents de plus en plus rock - et pourtant obscure comme bien peu, un sous-sol où l'on tâtonne, et où la moins pire des choses que parfois l'on se retrouve palper avec révulsion n'est pas sa propre chair.
Pungent Stench a inventé le death'n'roll froid comme la mort.

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