samedi 22 décembre 2018

Dead Witches : The Final Exorcism

Ah, le fameux "y a quelque chose..."... "Y avait quelque chose", déjà, sur le premier Dead Witches, et l'on ne parle pas du machin avec les inquiétantes rouflaquettes ; quelque chose que quelque chose de beaucoup moins difficile à identifier foutait intégralement par terre, puisqu'il s'agissait de la gonzesse au dit machin - vous suivez toujours, entre les choses et les machins ? Quelque chose qu'on espérait - pas trop fort non plus, mais rangé dans un coin de son crâne, à voir si ça donnait... quelque chose, à laisser oublier à maturer quelques années - entendre fleurir avec, qui sait, le prochain ? Et regardez : le voilà déjà ; voyons donc voir.
Est-ce que "quelque chose" a explosé ? On serait plutôt enclin à dire que, sur le second Dead Witches... y a quelque chose. De différent du premier - pour peu qu'on se souvienne du quelque chose qu'y avait sur ce dernier (le premier) : de mémoire, c'était à la rigueur sur un morceau, vers la fin - puisque cette fois, cela démarre, justement, de la voix ; de ce qu'elle a de tout aussi pouilleux et rustre que sur le premier disque, mais cette fois non du fait d'un traitement saturé incompréhensible qui faisait passer à la trappe même le genre de ce qui chantait, sans parler d'une quelconque émotion ; plutôt de celui d'un choix de chanter particulièrement cru, bon marché, gueux en un mot (je vais pas devoir chaque fois vous redire de quel mot anglais cela se traduit ?) ; qui emmène l'album jusqu'à l'interzone où il frôle le noise rock ou Big Sexy Noise. Alors : avouez, c'est quelque chose, ça, pas vrai ?
Parce que pour le reste, pour ce qu'il y a de plus trivial et objectif, auquel comme une tique vient se greffer la partie imaginaire et irrationnelle : vous connaissez l'histoire, j'imagine ? On parle de wizardoom canal historique, celui pour les nostalgiques de Dopethrone, avec les riffs grinçants et poussiéreux qu'on connaît déjà tous avant que le mediator ait touché la corde - mais qui ne manque ici ni de poussière ni de poux  ni d'animosité, devenant une sorte de jumeau clochard des assassins des sous-bois campés par Witchthroat Serpent ; wizardoom auquel, toutefois, leur interdit d'appartenir ce chant, tout comme il les empêche d'être de ce FFD auquel sa clarté vintage semble vouloir renvoyer, mais pas ses arêtes rêches et revêches qui ne connaissent pour ses pareilles que des louves telles Juliette Lewis, Sina ou Brody Dalle. Ce qui, sans barouf ni fanfare, place pour le coup Dead Witches sur une planète vraiment à part - on l'entrevoit plus clairement, brièvement, pendant "When Do the Dead See the Sun ?"... et son chant mâle - sur laquelle, ma foi, leur nom lui aussi faussement générique dit beaucoup, celle d'un doom païen à la religiosité crue comme la viande que l'on mange dans les recoins de cimetières bien à l'écart des routes des touristes du stoner doom gras, d'un doom à la foi sorcière bien plus simple et crue que bien des apprêtées et bien faites de leurs personnes. Le doom de Dead Witches est hivernal, sent de sous les bras, a le teint terreux et des brindilles dans les cheveux. Et il ne pose pas sur le passant de la lande un regard trop amène.
Finalement, c'est la même lumineuse et osseuse simplicité, lisible et nonobstant extrême, insoucieusement des habillages extrêmes (autres que l'extrémisme intrinsèque au doom), à laquelle sont parvenus chacun à leur façon les frères ennemis Oborn, Dorrian et Greening ; laissant l'élégance à qui était intersidéralement mieux armé pour (Steve Mills, qui d'autre ?), et jouant chacun à leur manière, le doom dans ce qu'il a de plus sinistre. Finalement, les seuls qui se retrouvent comme des couillons, ce sont ceux qui ont entendu une fondamentale différence entre Dopethrone et Wizard, Bloody Wizard.

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