mardi 11 décembre 2018

Svartidauði : Revelations of the Red Scroll

Le point commun entre Blut aus Nord sur Saturnian Poetry, Aosoth, Slidhr et Ondskapt ? La forêt, pardi. Sa divinisation, son amour et sa vénération en tant que source de tout y compris de soi-même, et de toute puissance, sa contemplation avec la révérence réservée aux cathédrales. Il faut admettre qu'à entendre Revelations of the Red Scroll on est porté à croire également. Avec une sensation délicieuse de braisoiement de toute l'âme, de grésillement mystique intime qui rend plus irrésistible et vertigineux s'il est seulement possible, de suivre cette batterie panique et tyrannique qui mène la danse et les Ménades, dans la profondeur mythologique et menaçante des futaies sans fin, sous l'ombre des frondaisons cruelles ; de se laisser rudoyer par le courant impétueux et ses caprices, auquel donne surnaturelle vie un batteur proprement prodigieux, à la fièvre contagieuse (celui de Kriegsmaschine va bien vite rendre le trône, qu'il a prouvé avec Apocalypticists avoir usurpé, de batteur-conteur infernal), à la sensualité qu'on ne rencontre d'ordinaire que dans le doom ou le hardcore, et qui ne vous laisse jamais reprendre votre souffle, tandis que haletant vous découvrez ces clairières, ces étangs empoisonnés semblant jaillis des pinceaux enchevêtrés de Gustav Klimt, Jean Delville et Gustave Moreau, ces torrents de flammes furieuses qui se changent d'un instant à l'autre en triomphales processions, ces cavalcades en entrechats ... Ah mes amis, en vérité cela faisait longtemps que la beauté et la fureur n'avaient été si étroitement enlacées, amoureusement emmêlées, et en vérité c'est dans votre chair que vous sentirez comment le final de "Aureum Lux" est harassé.
Il y aurait des chapitres entiers à écrire sur les ébrouements et ébats de cette pulsation, et d'autres sur cette voix brûlante, ou encore sur ces guitares qui sont comme les yeux d'or fendu du prédateur dans les fourrés, sur les mille nuances fascinantes de cette musique qui toute entière est forces de la nature, et vigueur indomptée de ses appétits, à travers le temps qui indiffère sa glorieuse sauvagerie - aussi s'arrêtera-t-on ici, en attestant que le black metal comme sorcellerie vient de rencontrer son nouveau champion.
Révélations ? Mon œil, ouais ; c'est la Bête, et ce sera toujours la Bête.

Aucun commentaire: