mercredi 5 décembre 2018

The Prodigy : Always Outnumbered, Never Outgunned

Euh, dites... C'est moi, ou bien on n'entend presque jamais parler de ce disque, alors que c'est probablement le meilleur album de The Prodigy, d'une courte tête devant The Fat of the Land ? Beaucoup moins taillé pour les auditeurs de rock en mal de plaisirs techno basique, que ce dernier dont le seul souvenir que l'on trouvera ici se cantonnera au "Spitfire" d'entame, seul morceau qui en partage le type d'attaque franche et sans tour de cochon (mais qui en livre une transcription déjà un bon cran plus radicale) - et beaucoup plus impitoyable. Cette histoire-là, c'est un peu le face-à-face entre Rage against the Machine et le chaud et venimeux Evil Empire. Des breakbeats mats et râblés qui cognent comme des sourds, une utilisation dandy et racaille à la fois de la basse qui n'en rend guère qu'à Andrew Weatherall, faisant merveille en toutes choses et en particulier dans deux, le funk de "The Way it is" et le post-punk - mais si ! - de "Action Radar", faisant l'improbable et carnassière jonction justement entre les deux styles par la sorcellerie de son groove démolisseur, symptomatiques d'un disque qui, personnellement, est le seul qui me donne, à ce point en tous cas, envie d'aller en boîte, pour y mener guérilla sur le parquet.
L'album n'a certes pas la séduction incendiaire de son aîné, mais s'avère une sorte de cousin ultra-badass du premier Bentley Rhythm Ace : voilà de quelle qualité de big-beat on parle ici. Un genre d'electro-house racaille bien trapue, qu'on imagine marauder sous les traits d'une petite frappe de film d'action eighties pas trop porté sur les soins des aisselles, mâchouillant un cigarillo tel Hannibal Smith ou John Matrix, dont on s'escrime à trouver le nom de l'acteur qui serait le plus parfait pour l'incarner (Gary Oldman ?)... avant de réaliser que c'est Keith Flint, dont on imagine l'album peuplé de la présence de thug ecstasié lors même qu'il n'y a pas participé (avantageusement remplacé par Juliette Lewis, qui se fait très convenablement passer pour Donita Sparks à plus d'"une reprise ? quand on parlait d'acteurs...) - et que c'est peut-être cela même, entres autres choses, qui permet à l'album d'être aussi compact et opiniâtre dans sa façon d'opérer ses exactions. Et de se révéler une sorte de suc concentré de Prodigy, non seulement, donc, en lequel réside non seulement, donc, cette viscérale attitude de délinquent, mais surtout ce groove à la fois protéiforme, aussi bâtard qu'une version revisitée par Alex DeLarge des débuts de Death in Vegas ou encore une version sous éphédrine des Beastie Boys - et singulièrement reconnaissable, qui court des deux exemples éblouissants pris plus haut mais passe encore par le franc electro-funk historique de "Girls", ou la violence saccadée de "Memphis Bells" cinglante comme du Panacea (sérieux, ce morceau aurait pu s'aligner entre Techno Animal et Bad Street Boy sur une Electric Ladyland et craindre dégun) - tous tels un tir concentré formant la radiation dure d'un groove sans merci qui trouve ici, dans la période "lourde" de Prodigy, sa consécration dans un disque le plus lourd de tous. Excessivement lourd, et excessivement funky. Juste un petit regret pour la sortie sur un morceau de Ministry jouant de la brit-pop ; c'est frais, mais pareil disque eût mérité... autre chose.

3 commentaires:

Raven a dit…

Mhhh... à écouter en entier, sans faute

gulo gulo a dit…

Wowowowowow... C'était pas fait encore ??!

Raven a dit…

Non, pourquoi j'en sais rien, j'aurais bien envie de dire la pochette, mais ça serait ps logique vu qu'elles sont toutes hideuses et à leur façon terribles...et que j'ai acheté Invaders (parce que j'avais bloqué sur Warriors dance je crois et je sais plus quel autre, mais au final je le ressors jamais...) Donc bon point tout compte fait de lui avoir remis ses ptits pinces en place au crabe, ça me fait un bon tremplin pour celui-ci (sans parler d'Orange Mécanique ofcourse, et de la vision de second rôle teigneux hollywoodien, haha, Keith Flint a tellement cette tête !) À suivre.