jeudi 20 décembre 2018

Theologian : Some Things Have to Be Endured

Il m'en coûte pour sûr quelque peu de l'admettre, puisque le dédain de tout le délire de Leech, avec son power electronics enraciné dans un alibi sentimental de prime abord intrigant et qui s'avérait sans effet réel autre qu'émollient, m'était une confortable et réconfortante satisfaction depuis de longues années déjà - Power Romance, quand déjà ? - et pourtant il le faut.
Some Things Have to Be Endured dégage, irradie une chose que l'on n'avait pas ressentie depuis un certain Blut. Cette chose qui fait qu'on se sent sale d'avoir seulement écouté le  disque, de l'aise qu'on en a ressentie, et du malaise tout autant, qu'on se retient de regarder par-dessus son épaule si l'on nous a vu, nous rendre ainsi complice - du Mal. On n'a pas pipé mot, et qui ne dit mot consent.
Et ce sans, comme on peut en avoir l'impression les premières fois, être de Haus Arafna ou autre sommets reconnus de glauquerie un simple décalque américanisé des ambiances et des façons détournées en astuces. Il s'entend bel et bien ici l'empreinte d'un univers qui a toujours été celui de Leech, depuis Navicon Torture Technologies : un décor cyberpunk noyé dans le sado-masochisme, de film d'horreur rituelle ; de toute évidence de la famille des Zymosiz et des Pneumatic Detach (et plus lointainement Converter, avec qui Leech a collaboré pour écrire un classique, ou le premier Orphx), mais avec en sus cette couleur séquestration aussi glaciale que le bleu sur la pochette, et qui touche tout sans exception, y compris des moments de dérive vers la dark-electro à voix de diva qui évoqueront amgoD, :wumpscut:, GosT ... ou un Kirlian Camera qui aurait bien dégénéré, et se serait modernisé sans s'égarer dans la trance, en gardant son cap frigorifique, et le creusant toujours plus rigoureusement.
Bref, toutes choses qui font de cet album bien plus que ce dont il paraît la traduction sonore au premier abord, à savoir une accumulation qui a la vulgarité de la stérilité, si arty soit-elle, du plus grand nombre possible de facteurs malaisants certifiés, telle qu'est sa consternante pochette. Il faut y voir derrière la gaucherie, la promesse d'une manière de cathédrale Bene Gesserit pour reboot fétichiste de Blade Runner, et ne pas douter un instant que Leech a su lui donner forme, désagréablement palpable, avec un art qui désormais amalgame sans distinction possible techno biomécanique, power noise de luxe et ambient cryogénique (simplifiez vous une existence déjà bien compromise par le disque : dites "industriel"), en une même intention impitoyable, née d'émotions par-delà l'humanité, et résultant en une toxine mental et physique à crever - en les dissolvant - tous les plafonds : une forme en somme d'alchimie médicale. Et entrer.

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