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Affichage des articles du mars, 2019

Aube Grise : Shale/Arrache-Moi

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Probablement ne suis-je pas le premier à m'éveiller au constat - mais cette recherche du point de confusion entre la frénésie - celle du stroboscope et du blastbeat - et l'ataraxie contemplative, tel que l'atteint pour prendre un exemple saillant et récent Tando Ashanti, n'était-elle pas par nature offerte sur un plateau au black metal et son caractère si contemplatif - que ce soit de la forêt ou de la vile décadence du monde ? Lorsqu'en plus on a découvert tout fraîchement Distant Voices, qui publie cet Aube Grise, par le biais d'Autrenoir, il devient difficile de pas ajouter à cela une couche supplémentaire de fascinante confusion : celle entre black metal et techno - ou, puisque pour cela on n'en était déjà pas loin avec justement Hexis, entre black metal et ambient.
Aube Grise montre d'ailleurs tout à fait le même genre de haute ambiguïté indomptable qu'Autrenoir, parvenant à entretenir l'enivrante confusion et indistinction, entre la féroc…

Vortex of End : Ardens Fvror

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On peut donner l'impression (on se la donne, à soi-même) de non seulement radoter, mais qui pis est de le dire pour chaque disque, pourtant il faut s'en détromper : ceux-là existent et sont légion, qui ne le font pas, c'est simplement qu'on a plus important à faire que parler d'eux ; mais ils nous encerclent et c'est pourquoi il faut signaler, chaque fois, les albums de la trempe de Ardens Fvror. De quoi parle-t-on, au fait ? Mais des albums qui irradient le sentiment du Mal, voyons ! et toutes les variantes de religieuse extase y associées. C'est d'ailleurs dans ce "variantes" qu'il convient de voir, aussi, tout l'intérêt de prendre le temps pour ce qui semblerait presque un n-ième album dévoué au Malin ; car pour sûr la couleur et le goût de la ferveur vibrant chez Vortex of End ne sont pas ceux qu'elle a chez Drastus ou Malhkebre, pour prendre d'autre éminents provinciaux, non plus que celle de Vorkreist, Antaeus ou Merrima…

Bile : SuckPump

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Bien sûr, un point de vue désabusé sur SuckPump serait d'en dire qu'il sonne comme si Bile étaient des fans exclusifs de "N.W.O" chez Ministry, mais qui, de peur de sonner un brin tantouze, y injecteraient de massives doses de Pantera (ce qui s'entendra encore plus sur le TeknoWhore à suivre, qui est le disque que Manson ont sorti sans Marilyn au chant, remplacé par Phil Anselmo).

Mais ce serait méconnaître :
1/ ce que le disque peut également offrir comme horrible hip-hop au groove de camion-poubelle - "Feeling like shit", oh mon dieu...
2/ ce que le disque peut avoir d'OVNI au milieu de la mare aux canards du metal-indus teubé, et de foutue putain de BRUTASSE sa mère.

A part KoRn, dont on pourrait (si si, essayez) du reste voir Bile comme un cousin irradié et ranxeroxisé au trente-douzième degré, pas grand monde n'est qualifié à ce degré de difformité débridée. Ce qui n'était pas peu dire, à une époque où la difformité, le grotesque et le…

Totengott : Doppelgänger

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Plus prométhéen encore que Monotheist et les albums de Triptykon - puisqu'il y a fort à parier que l'auguste auteur de ces derniers trouve l'histoire de ce Prométhée un tantinet tomgabrielfischerienne, et possède un narcissisme de proportions suffisamment hors normes pour parvenir, en se mêlant de l'incarner, à dénaturer par son propre superindividualisme un mythe sur la volonté de l'individu ; plus proche pulsionellement du mythe et de son sens universel, de ce qu'il offre comme représentation de l'Homme, son insolence désespérée, sa rage exprimée à la face des dieux au mépris d'une faiblesse qu'il sait être la sienne, le soufflet rude qu'il inflige à la fatalité alors même qu'il sait que pareil geste rebelle ne lui peut attirer que plus encore de mauvais sort... Totengott, plus proto- encore que Celtic Frost, descend dans l'Hadès aux sources même, aux racines en l'homme, du sentiment satanique. Elles s'entremêlent avec celles d…

Front 242 : 06:21:03:11 Up Evil

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Parce qu'une précision manquait à la chronique de Darker à fin de lui donner tout son poids : je n'aime à peu près pas Front 242 (je vous raconte pas ma mine déconfite le jour où, sous le choc et encore haletant d'avoir entendu "Stateless" pour la première fois, j'ai demandé au DJ de qui était ce divin morceau) mis à part cet album, qui est le seul disque mortel qu'ils aient sorti, ce qui explique probablement qu'il ait fait partie des disques qui m'ont converti, minot, au gothisme, dans le brouillard de son de bunker enfumé qui était le sien sur cette cassette où en était repiqués quelques extraits, à la suite de "Alice" et "New Day" (de Cure, et dont j'ai mis des années à retrouver la piste). D'ailleurs, Up Evil et Darker sont-ils bien différents ? Sont-ils pas la même preuve que l'on peut moderniser sa musique sans se ridiculiser, ni surtout perdre une seconde le fil de ses racines ? S'agit-il …

Totengott : The Abyss

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Totengott fonde sa musique dans un postulat fort primesautier, et sur lequel on serait bien grincheux de faire la fine bouche - surtout si l'on s'appelle Tom Gabriel Fischer - à savoir : oublions ces conneries de Black Sabbath, et imaginons un instant : et si Celtic Frost était l'origine de tout ? Proto-death, proto-hard, proto-sludge et proto-doom - avant même que d'être proto-black, proto-thrash et protobituary ? La langue de Warrior comme langage universel, vocabulaire primordial de l'homme nu face aux éléments. Et Totengott à partir de ce point de vue déjà fort satisfaisant sur le panorama environnant - ça vous donne tout de suite le torse bombée et une altitude alpestre de fort aristocratique aloi, pas vrai ? - décide de... partir en arrière ; vers le commencement. Par rapport à Celtic Frosptikon (pour les ballots qui n'ont pas suivi l'épisode précédent : Totengott est le petit groupe de reprises rien qu'un peu monté en graine qui met en lumière la …

C-Tec : Darker

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On le sait ou pas : il existe un subgenre musical - non pas un sous-genre, mais une réelle famille transverse, voire tout simplement trans-genre - appelé "moustache". On voit très facilement de quoi il retourne - ou à tout le moins on le fait si j'ajoute que le plus bel exemple et définition en est l’œuvre de Sheep on Drugs avant le départ de Duncan - en revanche on peut s'en réclamer beaucoup moins facilement. Un groupe comme Cubanate, par exemple, a plusieurs fois échoué à vouloir en être, avant que de trouver sa propre honorable voie ; pour une raison très simple, et sans appel : trop hétéro, trop survèt' Adidas. Et C-Tec ? Eh bien ils ont réussi, eux, un des hold-p du siècle, en inventant la jungle moustache. Et prouvant, par le fait, qu'on peut jouer moustache en se passant entièrement de la disco et des guidons - et des fourches, bien sûr - de gros cubes. Ils étaient pas peu aidés, faut dire, ils avaient Jean-Luc. Oui, je parle bien de Jea…

Fyrnask : Eldir Nött

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Fyrnask alors jouait encore du black metal... un peu.Les cavalcades vandales en tambourinaient encore sur la nuit, les riffs en étaient encore en conséquente proportion composés de l'obscurité dont la visée principale était la lacération ; pourtant déjà les uns comme les autres s'élevaient en des formes et des lignes de cathédrale.
Les échos pouvaient en rappeler, çà Altar of Plagues, là Drudkh et autres mélancolieuseries de viking né trop tard ; pourtant déjà l'on visait ici plus élevé que là-bas, l'on aspirait plus haut, l'on humait la piste du sacré, du divin. Tant ce que le disque peut avoir de guerrier que ce qu'il peut avoir de méditatif, déjà, s'inscrivent dans une démarche plus mystique que chez des voisins qui n'en sont que par une illusion d'optique, une incongruité de la perspective. Fyrnask trace sa trajectoire à la façon d'une lame. Sans avoir besoin une seule seconde de vous jouer des rôles de composition sur la violence, ou de se…

Dead Woman's Ditch : Seo Mere Saetan

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Le blackdoom, c'est pas rien, à faire. C'est un genre du même type que le fantastique : faut que ça confonde ; si on en sort avec la moindre certitude, c'est fichu ; une histoire d'équilibre, sur le fil d'un doute permanent. Dead Woman's Ditch le maîtrise à merveille, cet équilibre : dedans leur disque, on entend autant de black à la Deliverance - déjà pas un exemple de beumeu bien orthodoxe et sans ambiguïtés - que de doom rural école Grimpen Mire ou Ramesses ; voire du Neurosis, en filigrane, du bien psyché-doloriste genre Silver ou Fires, et aussi du noise-rock déviant, type Jumbo's Killcrane, qui est du reste peut-être le groupe dont se rapproche peut-être le plus Dead Woman's Ditch, avec sa profonde, viscérale bâtardise. Bâtard, et fantastique : voilà les deux épithètes qui le mieux qualifient Seo Mere Saetan - voire "bâtard fantastique" : tout pensée pour le chien des Baskerville à la lecture de ces mots est fortement enc…

Hint : 100% White Puzzle

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Une sorte de condensé de Swans - grosso merdo de Young God à Swans Are Dead - mais joué par de petits alternos typiques des nineties gauloises, fraîchement revenus de Bali, et chauds mon pote pour en tirer quelque chose musicalement. Forcément, donc, le résultat charriera aussi bien des échos de Foetus que de Bästard, de Grötüs que de Kill the Thrill, de Neurosis que de Zend Avesta, de Motherhead Bug que de Gigandhi. Probablement pas le disque immortellement génial que la plupart de ceux qui en parlent tentent de vous faire croire (ce dont, ne voulant pas avoir la désobligeance de faire la psychanalyse au comptoir, je me contenterai de m'avouer perplexe, à tout le moins, venant des novices comme de ceux "qui étaient là")... mais tout simplement un (très (très)) fort attachant petit album, qui vous propose un circuit pas peu garni en supplément d'âme à travers ce qui pourrait apparaître comme une impeccable enfilade de lieux communs de son époque glorie…

Phallus Dei : Pornocrates

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On ne le croirait pas, dit comme ça - mais le metal indus, école Ministry de la chose, en haut de forme et redingote, pour procéder à un envoûtement façon Histoire d'O en plus ténébreux... Ça marche du tonnerre.

Phallus Dei : Black Dawn

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Que dire de l'album "on est revenus pour faire du drone" de Phallus Dei, une fois passée la déception de ce constat précis ? Elle met du temps à digérer, croyez le bien, ce que l'on ne peut voir pour eux, que l'on écoutait avant de se lancer à corps perdu dans le metal, avant que ce dernier ne s'empare du drone, que comme une chute, dans le trivial, la médiocrité, le plus petit commun dénominateur, l'air du temps... Et un album de drone qui manque de gigantisme metal.
Que dire d'un Black Dawn ? Que c'est bien un album de Phallus Dei, personne d'autre, avant d'être accessoirement un disque de drone. Et que le drone, quand il est joué par des aristocrates tels que ceux-là, question d'élever des cathédrales de son, pardon ! mais ça vous a de suite une autre allure. Une autre amplitude ; une qui ne s'étend pas dans la massivité à outrance et l'escalade - on n'escalade pas les gargouilles d'une cathédrale, rustres ! - mais,…

Dead Elephant : Year of the Elephant

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Dead Elephant joue de cette espèce de cochonnerie de mi-chemin doom/sludge/black typiquement actuel depuis déjà trop d'années, dont l'indécision confine dangereusement à l'opportunisme de type Jean-Claude Dus, et partant menacé de la même tiédeur qui frappe des gens comme Oldd Wvrms ; mais Year of the Elephant le pratique avec une âcre acrimonie qui évoque Electric Wizard, ce qui change tout. Une acidité de riffs et de chant qui jette des ponts entre nos Grecs du jour et des choses plus ou moins affiliées à l'anarcho-crust, comme Coffin Burner, Grief, Mala Suerte ou Dead Witches, au moins autant que directement Amebix et Rudy Peni. Les moments black, lorsqu'ils sont plus marqués, demanderont quant à eux pour être décrits les noms de Khold ou Hell Militia, ce qui d'une n'est pas rien, et de deux parfaitement raccord avec les points de repères précédents, question sentiment de misère et d'accablement vicié par la rancœur. Et c'est, finale…

Fyrnask : Forn

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On le sent, d'entrée. La chair a beau être tristélas, et tout avoir déjà été fait, lus tous les livres et patin couffin, que ce soit en black tout court, en black-orthodox, ou en black-packagé-deluxe-VánRecords... Quelque chose de différent préside au phénomène qu'est ci-devant la musique de Fyrnask.
Quelque chose se passe, qui n'a pas lieu tous les quatre matins. La grandeur, le souffle héroïque, à la fois prométhéen et touché par la griffe de la souillure, maudit par la chute, sont présents à en faire tourner la tête et les sangs. Les proportions, l'ampleur de mouvements, en usage chez Fyrnask ne sont pas celles du commun des disques et des groupes ; imaginer une impossible intersection de Primordial avec Urfaust peut vous en donner un commencement d'idée de la rage mystique faisant plus que confiner à la démence, mais là n'est pas la question ; on pourrait avancer également que tout n'a peut-être pas été dit après tout, et que de fraîche date, entre cec…

No Vale Nada : Alter Ego

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On n'est pas déçu, c'est le moins qu'on puisse dire. Je veux dire, vous pensez forcément à la même chose que moi lorsque vous lisez le nom du groupe, non ? Forcément ; un screamo malade du tétanos. Lourd quant à son sang, et maladivement fragile, affreusement rouillé par l'intérieur, un genre de Converge d'antan tout anémié, de Breach dévitalisé, expectorés comme un phlegmon par quelque patelin endeuillé de par chez nous, de préférence un endroit dont l'horizon pour être campagnard n'en est pas moins bouché, dont à le voir un matin en se levant le ciel s'est pendu.
On en est même presque... déçu, tant on n'est pas déçu : tant on voulait se cacher juste un peu qu'on savait ce qui nous pendait, justement, au nez, à quel point ça nous pendait au nez. Tant No Vale Nada, un peu à l'instar d'un Daggers des début, n'exutoire pas, ne catharsise pas, n'hyperbolise pas, de décolle pas, ne fait aucun bien ; il ne cherche même pas tant non …

Faceless Burial : Grotesque Miscreation

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Des auditeurs bien plus compétents que moi question mormétal ont statué que cet album de Faceless Burial était moins personnel que le mini à suivre, ils ont probablement raison... N'empêche. Je reste impossible à convaincre. Ce qui fait la spécificité et la saveur de Facelss Burial, c'est l'ambiguïté que l'on n'entend qu'ici. Dans cet album pétri autant d'occultisme infernal et fuligineux à tout crin, axe Lvcifyre-Teitanblood - que d'un étrange groove urbain et caoutchouteux, sourd mais bien déterminé, qui fait penser autant aux moments magmatiques de Godflesh qu'à des choses telles que Trepalium ou Cannibal Corpse, avec de discrètes franges NYDM chaoticorisant, voire un filigrane deathjazz cannibale école Imperial Triumphant ; cela tient du reste autant de l'ambiguïté propre à un growl remarquable en toute discrétion et particulièrement viandu, qu'à la mate et chaude présence d'une basse douée d'une énergie sout…

Aosoth : V - The Inside Scriptures

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Et si finalement ce V était le disque le plus réussi, pour l'instant - d'Aosoth ? On se gardera des termes comme "le meilleur" parce que, sans être non plus dans la catégorie propre à chacun (je vous le souhaite) où pour ma part je range Godflesh - celle des groupes qu'on adore au point que presque tous leurs disques sont leur meilleur, pour des raisons différentes (ou pas) - Aosoth fait partie des groupes qui ont assez de chien, c'est le cas de le dire, pour que chacun de leurs disques, même entaché de maladresses voire de balourdise, même handicapé par un récent crush sur ce qu'Antaeus peut offrir de plus cru et pur à qui est avant tout et surtout, il le découvre alors, magnétisé par le charisme propre à MkM (et par la récente fracassante arrivée d'un certain Drastus dans le chenil de l'enfer) - reste bourré de charme, et vous attache à lui - toujours comme un clébard, décidément....
Mais il semble assez net à constater que …

Dreams of the Drowned : Dreams of the Drowned I

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Difficile lorsque, ainsi qu'il est présentement le cas, l'on connaît l'auteur et sait ses obsessions de longue date, de ne pas voir clair dans les intentions manifestées par un album tel que celui-ci - voire de voir trop clair dans ce qu'il peut comporter de maladresse. Il sera non moins difficile, toutefois, de nier l'inspiration brute qui jaillit à plusieurs reprises, et principalement au plan mélodique, des humides frondaisons de ces guitares qui se sont audiblement dégotté le son de Geordie Walker, des longues futaies de ces lignes de basse à l'élégance d'un rêve de Norvège, au milieu de ces brouillards voivodiens. Le gamin a certes beaucoup écouté de gothisant, de gothiste, et peut-être même de gothique récemment - eh ! ma foi, il en a aussi un peu retenu quelque chose de pas trop idiot, à ce qu'on dirait. Le garçon pour sûr se rêve beaucoup de choses - mais, dites voir, les rêves ne seraient-ils pas justement le propos assumé, …

Pissgrave : Posthumous Humiliation

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Juste parce que des formules tournant autour de l'habillage et du corps de la musique sont régulièrement revenues dans mon discours ces derniers temps : voilà à quoi ressemble un disque dont toute la capacité de malfaisance se concentre dans la mise, au lieu de l'être. Le contraire d'un Malhkebre et sa production limpide comme du Aura Noir, d'un Drastus et sa cruauté emphatique comme du Aosoth, et de ce que l'un comme l'autre dégagent malgré tout de beaucoup moins cool.
La pochette je ne la publie pas, merci, j'ai déjà assez de confidentialité non consentie à assumer sans me rajouter des motifs de délation et de sanction possible.

Drastus : The Serpent's Chalice - Materia Prima

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Tu m'étonnes, que Drastus soit resté jusqu'à une date récente un secret bien gardé par le dédain du public. L'histoire contemporaine ne l'a pas davantage retenu jusque là, qu'elle n'a retenu Trayjen - également publié chez Flamme Noire, le label tenu par... Drastus, tout se tient - ou Unveiled.
La musique de Drastus, avant que tout fraîchement elle n'ait décidé de se rendre un peu moins unique mais beaucoup plus accrocheuse, en se pliant aux canons d'un courant que, on le découvre avec ce Serpent's Chalice, elle n'a pas qu'un peu contribué à enfanter (je veux bien être pendu si un certain monsieur Munkir n'a pas écouté ce petit disque avec beaucoup d'attention) - ne se pliait à aucune règle ; ni celles du black metal, ni celle du metal industriel, ni même celle de la dark-wave... avec laquelle, toutefois, elle semble avoir le plus d'affinités. Si ce Drastus a un pair dans le milieu metal, ce serait d'aill…

Antaeus : De Principii Evangelikum

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Vous avez échappé l'autre fois au récit de ma vie et mes œuvres d'atermoiement... Mais on dirait bien que vous ne deviez pas y couper indéfiniment après tout.
Figurez vous qu'Antaeus et moi, c'était compliqué, encore plus que Malhkebre et moi puisque concernant les chantants de l'accent, je n'avais pas effectué un nombre excessif de tentatives, et attendais patiemment mon heure.
Alors, voyant Condemnation se frayer enfin une voie dans mes tympans, je refais un n-ième tour de table des vieux albums en quête, dans mon idéalisme inoxydable, d'un signe précurseur de cette bonne entente qui nous lie aujourd'hui avec Antaeus. Or donc si j'ai bien tout compris ce que j'ai lu de par le vaste web : Cut you Flesh, c'est Satan à la parisienne ; Blood Libels, c'est Satan à la suédoise en passant par Poitiers ; et De Principii c'est Satan... à la bourrin.
Sympa, de s'apercevoir que le disque qui vous ennuie le moins d'un g…

The Prodigy : No Tourists

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Changement. De suite. Premier billet et tout a changé. Cette chronique traine sur mon bureau depuis décembre, suite à la proposition de l’ami et patron de ces lieux de venir baver quelques mots ici même. Et c’était clair dès le début, et c’était la période. Ce sera No Tourists. Trouver les mots. La galère quand la flemme et le manque de temps sont en jeux. Je savais déjà ce que j’avais envie d’en dire, dans le fond.
Mais je n’avais pas prévu ça. Personne même. Dès lors, tout change. No Toursists sera l’ultime album de Prodigy dans toute sa splendeur. Peu importe ce qui arrivera derrière. Peu importe ce que décideront Palmer et Howlett. La question n’est pas là. Et toute sa splendeur, c’est bien de cela dont il s’agit. Car cette ultime publication forme un grand disque.  Ce septième long jet est réussi. Sans aucun doute. Court, teigneux, il concentre tout ce que Howlett a crée en quelques minutes. Breakbeats surpuissants, production singulière et dévastatrice, riffs de claviers assassi…

Sólveig Matthildur : Constantly in Love

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On croit à l'entrée du disque que l'on va avoir affaire à genre la nouvelle Björk-mais-pour-les-undergrounds, une sorte de Julie Christmas en plus pop tu vois, bref une horreur, calibre Chelsea Wolfe ou Emma Ruth Rendell (Rundle ? est-ce que je sais, moi ?), à qui la pochette fait penser malgré son charme propre... Bon, alors : non. D'une la voix de Sólveig  Matthildur peut certes évoquer Björk, et l'a sûrement écoutée, d'autant qu'elle chante principalement en islandais (ce qui est moins coquet, d'ailleurs, que l'Anglais avec l'accent ostensiblement à couper au couteau, façon Jane Birkin ou Monica Bellucci, de l'autre), au moins autant qu'elle peut taquiner Sera Timms (dont il serait également un tort regrettable de prendre pour argent la modestie, et voir dans les réalisations de la petite bière), ou tout simplement Lisa Gerrard.
Et musicalement, y a du monde au balcon, aussi, ça aide. On pourra, là aussi, évoquer ce q…

Antaeus : Condemnation

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Un bon disque a toujours quelque chose à voir avec sa pochette, épisode quarante-douze. Saison trente-sept.
Condemnation, c'est une affaire presque aussi simple que le disque de Candelabrum - aussi vaut-il mieux rester concentré lorsqu'on écoute le disque, de crainte de ne tomber de selle et se faire simplement piétiner et avoiner par le déluge, sans plus rien comprendre ni savourer de ce qui nous arrive. Mais lorsqu'on y parvient à rester plongé, arrimé au nœud de la tempête, maman ! Condemnation, c'est la guerre. A son niveau le plus primaire, rudimentaire, symbolique comme le vitrail de la pochette. C'est du rouge dans la nuit noire : du sang qui gicle d'artères tranchées - au sabre, à la baïonette, au couteau de la pochette - sur la neige verglacée. Avec une sauvagerie aussi crue et primaire que ces rythmes roides et frénétiques, aussi brûlante que cette voix de démon - je ne sais pas pour le plan métaphorique sur lequel il faut entendre l…