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Affichage des articles du 2020

Iggy Pop : The Idiot

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Tu m'étonnes, que le gonze a fini par passer carrément au rayon Josh Homme des Nouvelles Galeries, se faire tailler un album sur mesure : si ce couillon-là ci-contre est pas, juste un peu, comme on dit la matrice du rock'n'roll maximum-chimique qui atteindra une forme de culminance avec Villains... Sauf que, Dieu pourtant sait mais il n'est pas le seul, que pour James Osterberg (tout comme pour David Jones, du reste) j'ai tout sauf de la révérence, force est de signaler (même s'il apparaît que j'ai presque dit le contraire pour faire le mariole, dans le lien plus haut) que, si les Queens sont toujours, même au coeur des plus torrides et paludiques des fièvres médicamenteusement induites, d'incurables beaux-gosses, et leur musique une impossible intersection de Robert Mitchum avec James Dean - The Idiot, quant à lui, est un disque qui fait de toute la ville un bunker à ciel ouvert, de la musique des clubs pour danser une sorte de mastic à respirer, un gen…

Helms Alee : Stillicide

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Peu de gens le savent, mais Frank Herbert est toujours vivant. Et, plus surprenant encore, il poursuit en tout anonymat une doublement reposante carrière de nègre. Ainsi a-t-il reçu, à ce qu'il paraît, des commandes pour Kylesa et Torche ;  aucun des deux groupes, cependant, n'a retenu sa proposition d'album, ce qui peut se comprendre tant il semblerait que le vieux fou céleste ait un peu mélangé un peu les deux - sans même parler de la vision très... gazeuse, qu'il en donna. Irréel, et dans le même temps plus douloureusement, vertigineusement réel et vivant que tout.

Bambara : Stray

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S'il est bien une chose que l'on ne peut nier, c'est que Bambara possèdent, qui les fait mériter sans discussion possible leurs pochettes, une identité sonore... nette, dans son absence de netteté : on parle de cette façon que montre leur musique, instruments compris mais surtout voix, de sans contour à peu près aucun, surgir du noir et du fin fond de l'encre, spectrale et prête à y retourner pour un rien, une instinctive frayeur de chauve-souris ou un caprice folâtre d'androgyne inconstant. Avec Stray, ils ont pu paraître pousser tout cela un peu à l'excès : tandis que la pochette succombait rien qu'un peu au joli, le contenu quant à lui, davantage encore que cela seul, verse dans le carrément baveux, un peu comme le Codex Babalon de Caronte : passée une entame d'album flamboyante de nonchalance bellâtreuse, le disque paraît se noyer dans le si loué (à bon droit) storytelling du groupe, se saturer de noir fluorédéliquescent et de flegme, flasque à force…

Damoiseau : 50

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Agricole Phase III... Après avoir découvert avec le très puriste Longueteau et poursuivi dans un style plus rustique avec le Bielle. Damoiseau, distillerie numéro un des békés Guadeloupéens. La base du secteur en quelque sorte. Style Classique ? Voyons voir... Snfff... Ouh putain... il est crade, celui-là... Craspec du style le souvenir que j'ai gardé du tout premier rhum agricole que j'ai senti - un Trois Rivières je crois... ou plutôt un Dillon ? mince je sais plus - et l'envie de ne surtout pas le boire qui m'avait pris aux tripes, comme un instinct de survie... Un écœurement nauséeux. Bon... re-nez : c'est végétal mais ça sent un peu le croupi ouais, c'est moins frais qu'une vieux dessous de bras encagnardé en fin de journée, y a du champignon et même des notes qu'on a dans certains vins rouges bio (humus ?), et pour tout dire ça m'évoque surtout le durian bien mûr. Cette note que j'avais senti dans le vieux jamaïcain Long Pond 2003 TECA se…

Maussade : Insiipiiide

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Maussade ? Surtout modeste : "on est un groupe de blackened hardcore"... Non, Messieurs. Cela laisse croire à un groupe de plus, et Maussade est tout sauf ça. A la fois bien plus sauvagement, infernalement metal que maint qui se croit au-dessus de la chose, dans la catégorie, et néanmoins farouchement, animalement hardcore : cela, c'est sûr et pose le cadre. Quant au détail, de ce qui se passe sur Insiipiiide, c'est une autre paire de manches, à décrire. La chose assurément est froide, et charbonneuse. On peut même se voir amené à se rêver au fond d'une mine de charbon. On est seul ici, c'est une chose à tenir pour certaine, et face à un mur qu'il va falloir trouver le moyen de forer pour avancer, vers où que ce puisse être ; rester n'est pas viable. Le son, sur ce point, ne fait pas défaut au visuel choisi : les riffs s'échinent avec une teigne respectable à se colleter au minerai noir qui de toutes parts les entoure, mais la voix n'est pas en…

Port Charlotte : Islay Barley 2011

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Sortez vos pébroques. On va faire un p'tit tour en Calédonie. Parce que "j'irai vomir chez vous" aux quatre coins de la mappemonde ça va bien cinq minutes, mais il est bon de revenir aux fondamentaux.

Robe : Vin de paille.

Nez : Jambon de pays. Tranché par Zatoichi. Hareng. Pêché par Achab. La fumée est discrète au nez, tant qu'on y ajoute pas d'eau (l'eau, comme nous le savons, à tendance à exploser le côté cendré). L'ajout de quelques gouttes révèle un tourbé moiré fascinant. Je pourrais rester des heures penché au-dessus.

Bouche... OUMAÏ !  la tourbe prend d'assaut. Mais elle est fondue. Diantre, c'est même plus fondu à ce niveau : où s'arrête le tourbé, ou commence le charcutier ? Le sel et le sucre fusionnent à la perfection, signe des whiskies côtiers les plus gourmands. Une certaine austérité s'en dégage. Puis au bout de quelques minutes, le whisky prend son envol, sa complexité se dévoile. Ce qui semblait de prime abord comme …

Juan Hernández : Mezcal Artesanal Joven - Tobaziche-Tobalá

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Born to be a liver.

Quand j'ai ouvert cette bouteille, le mezcal n'était qu'un lointain souvenir à l'arrière-goût de soupe à la grimace, comparable à une ultime écoute de ce chanteur/auteur-compositeur dont la voix est à elle seule capable de remettre en cause l'existence de la sphère ORL*. En avais-je réellement déjà bu ? Du vrai, j'entends ? Et non juste cette gnôle bas de gamme pour les gringos ? Et bon sang, aurais-je la présence d'esprit de ne pas mettre un verre sans intérêt en avant-plan devant une aussi belle bouteille ???!!!

Sans préambule, en guise de réponse, je me suis pris une fumée massive en pleine poire. Mais pas une fumée timorée à la Islay, hein, avec les algues et tout. Non non. Une fumée de rôtissoire. Une fumée de pot d'échappement plutôt, sans trop faire mon marseillais. Mécanique et entêtante. Mes premières pensées, nuancées, se bornèrent quelques bonnes minutes à  un très sommaire "La tequila ?  Pfff... c'est juste de l…

Rowland S. Howard : Teenage Snuff Film

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La mort lui va si bien, pas vrai ? Mais la vie, après tout, aussi ; oh, les deux se ressemblent bien un peu, avec pareils escogriffes, pareilles engeances de morbide allant sur deux jambes... Mais elles ne sont pas pour autant la même chose, loin s'en faut. Teenage Snuff Film n'a pas la couleur et l'odeur mortuaires de Pop Crimes : simplement est-il, ce surnaturel western en noir et blanc, l’œuvre d'un étrange croisement entre Pierrot et Nosferatu, Edward aux Mains d'Argent et Nik Fiend, un cow-boy destroy et une orchidée. Du plus beau fantôme que vous croiserez jamais dans le soir tombant. Il titube avec une languide grâce à tomber par terre qui ne se révèle pas de suite, livide comme elle est, et exsangue, laissant croire d'abord à une version dévitalisée de la musique des Bad Seeds - laquelle après tout se révèle, pour les ballots comme votre serviteur, venir d'une même chose qui appartient autant à Howard qu'à Cave.
Tout paraît gris ici, en face des c…

Daggers : Neon Noir Erotica

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On a failli attendre, dites ! Mais le voici de retour : le hardcorohol à la belge. On avait, d'ailleurs et pour être honnête, un peu oublié comment il tapait au casque, depuis avant même fermentation, râpait la gorge, et faisait grimacer, on avait préféré comme de juste retenir toute la soul et la part des anges qu'il dégorgeait... Je vous rassure : elle y est toujours, évidemment, en particulier dans les moments où la voix de Gregory Mertz (ce qu'il avait pu nous manquer, ce con, et sans même qu'on s'en aperçoive, ingrat qu'on était !) s'attire de solides comparaisons avec Ian Fraser Kilmister, et non pas pour le récurage de planche à glaviots le plus couramment visé par l'analogie, mais pour les accès plus fatigués, rêveurs, convalescents (écoutez moi donc cette beauté de "Pipe Dog")... La gueule de bois, en vérité, voilà bien un état que Daggers retranscrivent à merveille, dont ils font une philosophie, un être au monde, appelez cela comme …

FACS : Negative Houses

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Voilà : la preuve que je dis pas toujours des conneries, que je ne suis pas du genre à voir à toute force ce que je veux partout, en l'occurrence la new/cold-wave. La manifestation claire que si FACS est bien la suite de la poursuite de l'abstraction entamée par Case et ses amis dans Disappears, il est également, non pas le redressement après un Irreal un peu trop cérébral et stérile malgré quelques bonnes idées de gens très intelligents - enfin, si : Irreal est tout cela ; mais Negative Houses est surtout l'introduction, dans ce laboratoire de recherches hautement avancées, du facteur 1979. Introduction est d'ailleurs assez inexact : plutôt le retour de quelque chose qui avait déjà une présence assez massive sur Era, sous son post-punk-funk en provenance des chambres froides de Berlin, NY (merde : et si c'étaient chez eux, que se trouvait tout ce que j'ai toujours cherché chez Liars ?). Le facteur angoisse, grincements, malaise, obsession de l'acide et de l…

Bielle : 59

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Rhum Agricole Blanc, Phase II : "Couler une Bielle".

(Pour ceux qui ont loupé la Phase I ça s'est passé comme ça)

C'ui-ci dans le genre pas fin qui noie des chatons, y s'pose là. Du caractériel. On laisse tomber le monocle du dégustateur de malt finement fumé, la montre à gousset. Un galuron en paille et une paire d'espadrilles et ça fera l'taf. Un respirateur peut-être au cas où, vu l'effluve après dévissage. La Guadeloupe ça vend pas le même genre de rêve qu'Islay, mais si vous arrivez à vous délester du souvenir des râles de Joey le Poivrot se grattant le bide en laissant s'échapper des gargouillis de bonheur chelous de sa trogne de babiroussa accidenté, ou collant sa truffe dans tout ce qui passe (c'est à la rhumerie Bielle qu'il plonge physiquement dans le foudre, je cite pas gratuitement), ben Bielle c'est quand même un gros machin aromatiquement parlant... Un rhum à la fois basique et unique, chargé d'arômes bruts de me…

Rowland S. Howard : Pop Crimes

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Je n'ai jamais réussi à trouver The Birthday Party autre chose que cliché, peu importe qu'à l'instar de Black Sabbath ils soient la raison d'un certain nombre voire un nombre certain de choses qui le sont probablement encore plus - qui en réalité le sont tout court et au contraire du groupe à Guy Marchand-de-Vin, puisque autrement c'est de l'anachronisme. Confidence pour confidence, je n'ai jamais été attiré par le nom de Rowland S. Howard, que je confondais à moitié avec celui d'un écrivain américain de type alcoolo-cambouis, à moitié pour un pseudonyme de Jim G. Thirlwell, et que tout en devinant qu'il n'était ni l'un ni l'autre, je n'ai jamais guère d'appétence, de toutes les manières, pour les montures de Lydia Lunch. Lorsqu'enfin je compris qu'il n'était autre qu'une des éminences du groupe cité ci-dessus, on imagine aisément quelle ne fut pas mon attirance pour ce qu'il pouvait avoir commis en son nom pro…

Sólveig Matthildur : Unexplained Mysteries & The Acceptance of Sorrow

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L'album a quelque chose de Homogenic si ce dernier avait été dépouillé - au couteau à traiter les peaux de phoques - de toute ambition tant à la pop qu'au maternel amour et réconfort ; quelque chose des Chromatics, mais débarrassés de toute chaleur et notion de glamour ou de sexy, même dépressif. Le premier disque de Sólveig Matthildur n'est dénué ni de mélodies, ni de chant, et en cela il est tout aussi new-wave qu'il est techno par l'exigence de ses instrumentaux : à mi-chemin des deux sans doute, une sorte de techno chantée aux amples mélopées à qui faut tout le ciel du Nord pour déployer des ailes de méduses électriques ; ce dont il est irréprochablement vierge en revanche, c'est l'espoir, et la chaleur. Plus encore qu'une (jeune) Ellen Allien qui se taperait une méchante grosse descente, Unexplained Mysteries & The Acceptance of Sorrow irradie un hiératisme glacial à l'égal des premiers Dead Can Dance (ou Kirlian Camera), mais sans l'hab…

FACS : Void Moments

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La cold wave comme psychédélicament. Au plan musical, la trajectoire a commencé avec un certain Seventeen Seconds, s'est poursuivie avec Japanese Whispers, puis bien plus tard Primary Colours. Au niveau chromatique, on peut également détecter une filiation se dessinant entre Secondhand Daylight, Skying et Void Moments. Aujourd'hui, nous voilà rendus au stade où ce dernier semble débarrassé de toutes considérations d'états d'âme, son mal-être primordial, probable, totalement digéré, rendu mode de vie parfaitement vivable, harmonieux, fonctionnel - et uniquement préoccupé de pure vie chimique, et de toutes les incroyables merveilles d'aventures qui s'y offrent. Plus aucune menace, plus aucun trouble, plus aucune peur. On bulle, au propre comme au figuré C'est que Void Moments, la damnée canaille ! ne serait pas loin de me faire mentir, avec ses instrumentations qu'on aura un peu mal à la gueule de dire rock mais tout de même, et ses structures vaguement de …

Biesy : Transsatanizm

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Voilà. Avant-garde black metal, cela veut dire ça ; pas un n-ième clone ni d'Arcturus, ni de Virus, ni de Cornedurus ; mais ce genre de disque.Le genre de disque qui ne fait pas vraiment penser à, mais qu'auraient pu sortir Dødheimsgard ou Mayhem ; c'est à dire qui ne se contente pas d'aligner des plans trop pétés et trop jamais faits avant lui, mais qui s'avance en terre de démence avec sa bite et son couteau ; qui sent l'hémoglobine, la pharmacopée, la peur, l'appétit et bien d'autres choses tout aussi saines à sentir aussi fort. La pochette seule déjà l'annonce : rien de sensé ni de très engageant ne saurait arriver ici, et ce ne sera du reste affaire d'aucun contretemps ou contrepied, rythmique ou harmonique ; mais de principe de souillure, d'extravagance carnassière et de révolte : autant dire une forme d'essence de black metal. Transsatanizm, peu importe d'ailleurs son titre aisément suspicible de manifeste-isme (et quand bien m…

Devo : Freedom of Choice

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Une sorte d'étrange punk rock de la variété d'autant plus radicale qu'elle est soul (triangulez quelque part entre Magazine, Klaus Nomi et les Stranglers) joué neuneu-joyeux, on ne sait trop si pour dans un sourire crispé, creusé à l'acide, rendre les travailleurs plus aimables - ou pour, dans une immense empathie blessée, éviter à ses semblables, en leur jouant le robot-clown triste, de courir au suicide en leur disant trop crûment dans quelle réalité ils sont plongés. Sous ses airs de rock en Lego et donc en plastique, la fièvre primale, et son précipité post-moderne et post-déshumanisation le poinçon de l'angoisse, ne sont jamais loin ; la chair de poule non plus.

Pilori : A Nos Morts

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Administrativement, Pilori se présentent comme un groupe de grind. Ils en ont d'ailleurs toute légitimité, en attestent un audible esprit "à l'essentiel" et une prospension sans façons aux accès de folie, qui sont tout ce que personnellement j'apprécie dans le grind, à défaut la plupart du temps des riffs sachant m'agréer ou des accroches plus... romantiques. Heureusement, pour autant Pilori ne s'astreignent (je vous mets "ne se confinent pas", ou c'est bon, vous en avez déjà assez, de ces blagues super trop drôles ?) pas aux seules bornes académiques du grind. On pourrait dire qu'ils jouent du grind throatruiner-friendly, d'autant que le chanteur de Fange est passé dire bonjour pendant l'enregistrement (il dit bonjour de façon assez virile, on est entre hommes après tout, barbus et tatoués), cela simplifierait sans doute la tâche - et le disque. Un mec de Full of Hell apparaît également, et on pourrait donc également dire que Pil…

Pantera : The Great Southern Trendkill

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Pantera est un groupe que je respecte -  mieux : que j'écoute ; et The Great Southern Trendkill un disque que j'écoute - mieux ? voire, mais en tous les cas - respecte. Je veux dire, la tentative de proposer une version plus sérieuse et profonde de leur musique est parfaitement réussie, les prétentions de Philip Hansen Anselmo à taquiner Eddie Vedder et autres âmes grunge supposées plus enténébrées que lui, pauvre couillon de boxeur en treillis, s'y montrent parfaitement légitimes, à aller lui aussi faire un brin de causette à l'obscurité, la musique qui l'appuie semble une transcription plus extrême et torturée et pourtant impeccablement lisible, accrocheuse, accueillante de celle de Down, l'envie de tutoyer Alice in Chains, voire Acid Bath, sait y être correcte, discrète - intelligente, même -, respectueuse mais émancipée, et somme toute on finirait presque par se dire que Hangman's Chair s'enracinent certes dans Life of Agony, mais sûrement aussi pas…

Anthrax : Sound of White Noise

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"C'est pas du bronze [je n'ai jamais compris l'expression, d'ailleurs, si jamais...], alors qu'est ce que c'est ? je vous le demande..." C'est pas de l'industriel quoiqu'on puisse penser à Ministry (et qu'Anthrax ait parfois pensé à Ministry, et Ministry à Anthrax, pour des jobs...) ou à Clawfinger, c'est pas du grunge quoiqu'y ait des idées canaillement chipées à Alice in Chains, c'est pas du thrash quoique le groupe en ait fait partie des vedettes, c'est pas du heavy, c'est pas du néo, c'est pas du hardcore quoique l'écoute même assis en soit épuisante pour chaque muscle du corps, c'est pas du djent quoique chaque riff soit rythmique à un point indécent... Eh non, corniaud : c'est Sound of White Noise. L'histoire a choisi de retenir plutôt Metallica, comme exemple et définition de ce "metal" tout court qui est né à peu près ces années-là (avant on parlait soit de hard, soit de thrash-m…

Anthrax : Volume 8 - The Threat is Real

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Metallica eut Metallica, Paradise Lost Icon, et Anthrax Sound of White Noise. Bien. Ce dernier n'a pas eu l'heur de compter parmi mes Deux Premiers Disques de Hard Rock, j'en suis fort marri (ce furent Metallica et Appetite for Destruction), mais c'est tout comme, puisque dès sa sortie, il fut un de ceux qui les suivirent rapidement : assez tôt (sans même parler du mérite de sa qualité intrinsèque, monumentale) pour faire partie de ceux qui me marquèrent au fer rouge. Par un tour amusant de la vie que je ne remarque qu'aujourd'hui, mais qui confirme la valeur suprême que j'accorde à l'autre, Volume 8 - The Threat is Real a été, cette fois des années après sa sortie, le tout premier disque (... à moins que ce ne soit Aenima ?) par lequel, pour reprendre pied en terrain sûr, j'ai opéré mon retour en terres hardosses et même tout simplement guitaristiques (après un voyage gothique et industriel qui m'emmènera jusqu'en soirées house et au UK garag…

Odraza : Rzeczom

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Tenez, pendant qu'on est dans les musiques alcooliques : du black polac picoleur, qu'est-ce que vous en dites ? Presque trop beau pour être vrai, mais allez, je vous en sers un godet, et vous me direz, hein ?
Rzeczom sent ce qu'on appelle le mauvais alcool et qui est en fait généralement nickel au moment où on le boit, lequel (moment) est généralement parfaitement approprié à ce genre de breuvage, enfin vous voyez qu'est-ce que je veux dire - et les mégots écrasés par dizaines à en faire dégueuler le cendar, ainsi qu'on en voyait sur la pochette du précédent Odraza. C'est bien la meilleure - et la seule - façon qu'il y aura de décrire un black metal qui parle de tout sauf de questions de religion, qui évoquera tout au plus un peu de cette décadence parcourant Vorkreist, Decline of the I et Merrimack - mais épluchée, écaillée de tout le vernis d'amertume sophistiquée (que j’adore, n'en doutez pas un instant) à la française, d'alcoolisme dandy et …

Planes Mistaken for Stars : Up in Them Guts

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J'eusse aimé vous dire que la pochette et le nom une  fois de plus, lorsque bien choisis, parlent ; que autant l'illustration de Prey m'évoquent sans faillir quelque station service paumée dans l'Oregon, et devant le ciel désespérément gris plomb la montagne et son manteau de forêt, autant Up in The Guts est l'album sang, bide lardé au couteau et caniveau de Planes Mistaken for Stars (vous avez tout, oui, pas besoin d'aide ?)...
Mais non. Pour correctement vous décrire Up in Them Guts, il faudrait l'expertise de mon Jean-Jean. Car le drôle (l'album) est un alcool blanc, pas de doute, et très sec ; un de ces rhums qui vous passent le gosier au napalm dans l'exact même temps qu'ils vous tournent la tête de saveurs volatiles (je préfère à "parfums", si vous permettez) semblant autant fleur que divagation chimique pure faisant des détergents une chose aussi poétique que le cerisier du Japon.
On pense obligatoirement à Fugazi, à la quintes…

16 : Dream Squasher

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-(16)- c'est la zonzon, mec, le vrai son du mitard, toi-même tu sais, pour toujours hasta la vista siempre motherfucker, si tu dérapes on te chie dessus... Oui mais alors je sais pas vous, pour ma part Lifespan of a Moth, autant je l'avais aimé lorsqu'il était sorti, autant je ne regrette jamais son non-achat ; et je commençais tout doucement (y compris en ne le pensant pas trop fort : pas fou, j'ai déjà eu Jerue à un mètre de moi, hé) à me faire une raison que les mecs fatiguaient, et que nos routes allaient se séparer sans bruit... Du coup, ça paraît le moment idéal dans une carrière pour justement lâcher un peu un son si reconnaissable qu'on a creusé farouchement toutes ces années, pour renoncer à une marque de fabrique - rien qu'un peu -, à changer de pâté de maison, fréquenter de nouveaux rades, de nouvelles trognes, tenter des situations inédites - non ? En tous cas, eux l'ont trouvé aussi, et je suis bien aise qu'on tombe d'accord. Au point d…

Hate Eternal : I, Monarch

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Le brutal death, dans l'écrasante (ce qui est de circonstance) majorité des cas, c'est chiant, il ne se passe rien. A deux exceptions près, à peu près. Cannibal Corpse, car, eh bien, ma foi : Cannibal Corpse ; l'extrême et réjouissante connerie d'une version Gros Bill d'Autopsy, en gros (ce qui est également de circonstance) ; la saine outrance et la bonhomie. Et puis il y a Hate Eternal.
Parce que Hate Eternal fait tout pour mériter son patronyme. A bien regarder, on s'en douterait : guignez donc les photos de Morbid Angel lorsqu'il était de la partie : Erik Rutan est sans doute celui qui essaie le plus visiblement d'y avoir l'air lugubre - et qui a surtout l'air le plus sensible, au sens de capable d'émotions ; humaines ; riches ; mais en particulier orbitant autour de la tristesse, du désespoir, et d'une haine que ces dernières teintent.
Oh, cela se sentira peut-être plus ouvertement sur le très gabber-zouk (souvenons nous que Rutan …

Xibalba : Años En Infierno

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En pilotage automatique, je dirais que désormais et à ce qu'il apparaît, Xibalba assument ; de n'être plus en mesure de faire peur comme crûment ils le firent sur Madre Mia Gracias Por Los Dias, ni de faire peur comme cérémonieusement ils le firent sur Hasta La Muerte ; d'être devenu ce groupe qui joua le gros death bovin de Tierra Y Libertad ; mais d'être toujours au fond un foutu groupe de hardcore, donc plus bas du front que la musique du disque précédent, qui était juste bornée : d'être cru, explicite et hostile. Considérablement plus ici que sur aucun des parpaings antérieurs.
Car logiquement - ou pas mais on s'en branle, aussi, rien qu'un peu -, Años En Infierno est particulièrement outrageux... avec une méchanceté hypertrophiée qui se marie admirablement à une forme de décontraction, voire de bonhomie, aussi énorme que réjouissante. Cette musique-ci est aussi conne que du Obituary, du Sepultura époque Chaos A.D., du The Acacia Strain, du Biohazard,…