Glorior Belli : Gators Rumble, Chaos Unfurls

Article initialement publié sur Slow End le 10/06/2014.


A la question de savoir si le black metal est soluble dans le stoner et la sauce cajun, et surtout si la Louisiane est située au Sud du Paradis, Glorior Belli aura mis quelque temps avant d'apporter une réponse franche et audible. Pour être expéditif et légèrement injuste, jusqu'à ce disque l'ambition présentait tout les dehors de la fausse bonne idée, mi-tapageuse mi-foireuse - exception faite de quelques fulgurances corrosives sur chacun des deux albums précédents.
On leur fera réparation en reconnaissant officiellement ce jour, en présence du ci-devant Gators Rumble, qu'elle valait le prix de leur persévérance. L'osmose, on n'échappera pas à la formule consacrée, est plus que faite, ici, entre une richesse - glucides y compris - harmonique digne des plus chamarrées et confites heures de Down et Crowbar, et - ô divine surprise - le meilleur de Glorior Belli, à savoir l'album des regrettés Obscurus Advocam, et sa non-pareille gluance hallucinée. Deux matières, on le voit, pâteuses s'il en est, dont la rencontre donne céans les meilleurs fruits blets et fermentés sur les branches molles emmêlées qui se balancent dans le vent moite du soir, et se tortille paresseusement à la façon sybarite et mélancolique de quelque alligator tout en écailles d'obsidienne. Ce qui s'avère, nonobstant la surcharge apparente, très rapidement la chose la plus naturelle et élégante du monde dans l'éclairage dit, n'en déplaise aux préventions et aux convenances. Peu de choses sont aussi naturelles en vérité, et c'est aise extrême à ressentir.

Gators Rumble, Chaos Unfurls en trois mots : déliquescent, liquoreux, coulissant

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