jeudi 22 février 2018

The Wytches : Annabel Dream Reader

Dès les débuts des Wytches il est impossible de n'être pas frappé - giflé, déchiqueté, tailladé - par une voix qui déjà montre une délicatesse et fragilité extrêmes, dignes de Jimmy Scott, et qui jamais ne se brisent par la grâce d'une envie de mordre digne de Mano Solo, d'une sauvagerie à faire déguerpir la queue entre les jambes bien des ricains tout bleus. Car si l'on peut être, plus encore qu' All Your Happy Life, tenté de ranger Annabel Dream Reader auprès du premier Horrors, des disques de TV Ghost, et du reste de cette si affectionnée famille (de noiserock-goths qui surfent sur le swamp), il ne s'agirait pas de le croire moins soul - c'est à dire, moins à l'égal d'un Cure des débuts quant à l'urgence de confier son cœur et ses violences.
D'une certaine façon, peut-être même encore plus, du fait que la voix de Kristian Bell semble ici le montrer encore moins verni de civilisation, un vrai enfant sauvage, aux émotions d'une fureur prête à le rompre comme une gracile figurine de verre - mais ce sera vous d'abord, n'en doutez pas. Sans parler d'un morceau comme "Weight and Ties", comme les Warlocks rêvent probablement d'en composer.
Annabel Dream Reader est un disque d'une sensualité malade à tomber par terre, quoique juvénile. Imaginez donc un film d'horreur fifties teintée de romance, et dans le rôle du vampire les yeux rouges et le dévastateur charme androgyne de Benicio Del Toro à l'âge de Licensed to Kill. Vous y êtes.

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