mercredi 3 avril 2019

Nibiru : Salbrox

Pas que cela étonne fondamentalement, après des Netrayoni et des Qaal Babalon - mais des fois qu'il subsisterait des malentendus, et puis aussi parce que ça fait toujours un plaisir coupable à balancer : Nibiru ne fait définitivement pas - n'a jamais fait, en fait - partie de la famille du doom/psyche/stoner/whatever-metal ; je veux dire, pas comme des Oransi Pazuzu, qui passent pourtant bien plus (peut-être simplement parce que déjà l'on connaît leur nom pour commencer, contrairement à celui de Nibiru ?) pour les OVNI de service, et qui si chelou et zeuhl-black-machin soit-il jouent du metal sans conteste : Nibiru navigue dans la catégorie des... Hybryds, tiens, voire Fetsich Park, mais oui, en particulier sur ce Salbrox tout neuf et sémillant, tout pimpant de ses stridulants ululements d'oiseaux de Paradis d'une autre dimension : Cranioclast n'est pas loin, au propre comme au figuré.
Nibiru, comme bien souvent ce qui nous vient d'Hellénie ou de Romanie (et parfois aussi d'Ibérie), arrive tout droit du pays des mythologies , ou plutôt nous y emmène en un claquement de sabot ; en Chimérie. Dans les forêts paniques où tout ce qui se produit est imprégné de magie, de signification sacrée ; d'ailleurs si l'on veut pour en donner idée citer un disque autre qu'ambient, ce sera certainement Public Castration is a Good Idea, lequel pour ma part m'a toujours évoqué l'image, pétrifiante, du Minotaure meuglant amoureusement après son sacrifice depuis le fin fond de son Labyrinthe, et caressant l'idée de venir à sa rencontre ; ou 10 Swords. V'là le rock . Mais autrement, vous avez toute latitude pour vous remémorer The Divine Punishment et sa Gorgone, tout simplement ; en les transposant seulement dans un vampire blanchi par les millénaires mais toujours vert sous sa croûte de poussière, et un décor tenant autant du Népal que de la jungle indonésienne. Salbrox est une sorte d'épouvantable Dieu-Lézard sénescent et concupiscent, et les deux suffixes inchoatifs ne sont pas de trop pour dire assez à quel point on est, ici, dans le bon ambient : non pas celui qui tapisse, mais celui qui agit ; sur vous, bien sûr. Ambient comme la danse du naja.
Le reste ? C'est de peu d'importance, d'ailleurs on ne remarque même pas à quel moment précis les rythmes cessent d'avoir l'air programmé sur une beatbox alcaloïdomécanique de toute première qualité (j'ai dit, Fetisch Park, déjà ? alors j'ajoute Seekness, pour continuer dans le vaudou, et les suées de cauchemar tropical) pour ressembler plus à quelque chose qu'un batteur de rock épris de rites exotiques pourrait jouer. De toutes les manières, les amateurs de metal vrai trouveront que le disque comporte trop d'intros et pas assez de morceaux ; et peut-être au fait ont-ils raison, s'agit-il bien d'introduction. Ou plus exactement d'intromission ; dans votre tendre psyché.

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